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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 00:34

J’ai dû faire un coin Gainsbourg dans la boutique tellement les éditeurs ont décidé de surfer sur la vague et le sillons creusés par Sfar (c’est pas toujours très subtil, un éditeur, ça aime bien racler des fonds de tiroirs et faire dans l’opportunisme de bas niveau). J’hésite à mettre un choux en vitrine pour illustrer mon propos, mais j’aurais peur que mon humour légendaire ne passe au dessus d’à peu près tout le monde et que l’odeur n’incommode les livres autour (j’ai pas senti de choux crû depuis un moment, mais c’est pas si fort que ça, si ? De toute façon, je préfère la batavia et la feuille de chêne, même si oui, j’ai bien conscience que ça n’a rien à voir avec la choucroute qui  nous préoccupe, qui elle est bien à base de choux).

 

En tout cas, choux ou pas choux, on en bouffe du Gainsbourg et du Sfar, et chacun y va de son carnet sur le tournage, du carnet sur le pré tournage, des chansons illustrées en petit format, en grand format, en intégrale etc. Et moi-même, outre le fait que je ne me sente pas très bien, j’y participe en en parlant ici, c’est un cercle vicieux, on va jamais s’en sortir, au secours, qu’on m’apporte une cargaison de granolas, on risque d’y rester un moment D’ailleurs, si Gainsbourg avait fumé des granolas et bu du lait au lieu de ses gitanes, il aurait été tout aussi cinématogénique (j’ai moi-même l’air très classe et à la limite du génie quand j’en mange) et il serait là pour faire la promo aux côtés de Sfar et empêcher ma boutique de ressembler à un linéaire de supermarché tout en préservant la mode de la chemise en jeans.

 

Ah tiens, ça tombe bien, ça me rappelle une anecdote super intéressante qui va nous sauver de ce sujet rabougri. Figurez-vous que j’ai passé ma 6ème à New York. Eh oui. Généralement je le case dans une conversation pour impressionner les gonzesses (sans succès) avant d’enchaîner sur mon métier actuel (qui visiblement ne les fait pas rêver non plus, si j’en crois le regard embarrassé qu’elles adressent à leur verre en attendant que quelqu’un vienne les secourir). J’étais encore jeune à l’époque et je sifflotais du New Kids on the block alors que mes congénères se saoulaient à la lambada (j’arrive pas à croire que j’ai raté le phénomène lambada, je pense que ce fut déterminant dans mon futur, surtout que je suis revenu juste à temps pour le phénomène Felix Gray et Didier Barbelivien, donc bon). J’habitais dans le Queens et allait, insouciant, à Manhattan pour l’école, en passant par la case métro (le fameux métro de New York, celui qui fait peur, celui tout taggé pré-Giuliani) et devant une cinquantaine de fast-foods qui me tendaient les bras (on oublie jamais son premier whopper). Bref, tout ça pour dire, car c’est un peu là où je voulais en venir en racontant ma vie, que nous, là-bas, à l’école, à chaque récré on avait droit non pas de sortir dehors, car ça aurait été un peu le bordel vu que y’avait pas de cour de récré, que des rues avec des taxis jaunes et des vendeurs de bretzel, mais plutôt à un verre de lait et à des cookies. Généralement des Oreos, preuve du bon goût absolu des Américains en la matière. Et moi je le buvais, ce lait, persuadé qu’il était meilleur que le lait Français, que j’ai toujours détesté, sauf évidemment dans mes céréales Chocapics devant Pas de pitié pour les croissants. Mais c’est ça les gamins, ça se persuade que ça aime pas un truc juste pour faire son malin, sa forte tête, pour montrer que oh ça va, nous aussi on sait ce qui est bon pour nous, j’en ai rien à cirer de votre lait, puisque je vous dis que c’est pas bon, sauf avec les Chocapics et éventuellement avec de la grenadine dedans (je me demande comment j’arrivais à boire ça, d’ailleurs).

 

D’ailleurs, et ma capacité à passer du coq à l’âne tout en retombant sur mes pattes de velours me surprendra toujours, j’ai eu devant moi tout à l’heure un client qui m’a ramené une Bd. C’était Ernest et Rebecca, que je lui avais conseillé pour sa jeune fille, fan de Lou, en lui expliquant qu’allez-y, foncez, c’est super sympa chouette top, elle va adorer. Sauf que bah non, ça lui a pas plu du tout. Elle a juste regardé la couverture, a affirmé haut et fort que non, ça lui plaît pas, c’est nul, n’a même pas ouvert le livre, ne lui a même pas donné sa chance. C’est pas Lou, c’est conseillé par un monsieur à la barbe de trois jours mal peignée, c’est pas ce qu’elle avait en tête, c’est forcément nul. Saletés de gamins.

 

Ah, et au fait, si vous pouviez éviter de faire le lien entre mon dégout pour le lait et ma taille (corporelle, je précise) en dessous de la moyenne nationale, je vous en serais reconnaissant. Merci.

Par Le libraire en question
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Commentaires

des chocapics devant pas de pitié pour les croissants ????? 
mais ma parole tu es ..... JEUNE ??? 
Commentaire n°1 posté par gwendoulash le 21/01/2010 à 07h25
bientot l'age du Christ sur sa croix. Je suis la jeunesse incarnée
Réponse de Le libraire en question le 21/01/2010 à 09h22
J'adore cette BD ! Je l'ai découverte l'année dernière et me suis empressée de la conseiller à une cliente.
Dommage que beaucoup trop de personnes aient peur du changement...
(C'est la première fois que je commente, j'adore ce blog ! (un petit compliment au passage ça fait pas de mal))
Commentaire n°2 posté par Tia le 21/01/2010 à 08h28
merci bien

vous parlez de quoi, d'Ernest et Rebecca? En fait ce qui m'a supris c'est que justement, c'est pas un changement radical: dessins et couleurs à la mode et histoires courtes qui forment un fil rouge

mais les enfants sont des plaies, c'est comme ça
Réponse de Le libraire en question le 21/01/2010 à 09h24
Oui je parle d'Ernest et Rébecca.
Les adultes ne sont pas mieux que les enfants ! (Enfin pas tous)
Commentaire n°3 posté par Tia le 21/01/2010 à 09h56
et encore te plaint pas pour gainsbourg, toi t'as que la BD et ses multiples dérivés moi la bd et ses multiples dérives PLUS en vrac: le coffret de ses chansons en folio, son livre de photo, ses multiples biographies et j'en passe et des meilleurs... Un jour je ferais passer un appel à tous les libraires pour aller casser la figure d'un éditeur  (je pensais commencer par hachette...), je pense tabler sur un bon millier de soutien... non je ne m'énerve pas!
Commentaire n°4 posté par cyann le 21/01/2010 à 13h28
On te faisait croire que le lait fait grandir ?!

Récemment, on m'a dit, au contraire, que tout le touintouin autour du lait et ses bienfaits pour la santé sont complètement faux. Ce serait le résultat du lobbying des industriels... Bon, je n'ai aucun lien pour démontrer ceci, c'est seulement ce qu'on m'a dit. Alors je suis perplexe.
Commentaire n°5 posté par christophe le 21/01/2010 à 18h58
disons que si j'ai tout bien compris, ca aide le calcium a se former avec les os tout ca.

mais ouais, j'ai pas trop la patience (et l'interet) d'aller wikipedier tout ca, j'ai trop de Bds a lire
Réponse de Le libraire en question le 21/01/2010 à 22h53
Damned, vous aussi Gainsbourg everywhere ? J'avoue que j'en ai un peu assez, de cette folie. Enfin, j'adore, mais ça fait bientôt cinq ans qu'on nous le ressort à peu près en même temps que le gendarme de St-Tropez et le Père Noël est une ordure. Bref, y en a marre. J'attends le moment honni où je remarquerai que la énième galette de l'année a pour fève un Gainsbard avec son paquet de gitane à la main (ça ou Harry Potter, un moment, faut choisir).
Toujours est-il que les granolas, c'est bon. Point final. 
Commentaire n°6 posté par Nuitarius le 21/01/2010 à 20h21
j'aime beaucoup Gainsbourg, independamment de tout ca. Mais profitons en, pour une fois qu'on parle Bd indirectement dans les medias...

par contre ce qui est sur et certain, c'est que son film je m'en tamponne royalement
Réponse de Le libraire en question le 21/01/2010 à 22h54
Fallait manger plus de soupe.

Avec du lait dedans.
Commentaire n°7 posté par ororuK le 21/01/2010 à 20h21
Non, ça sent pas très mauvais, le chou cru. Enfin, le blanc, en tous cas. Les autres j'ai pas esayé mais j'imagine que c'est à peu près pareil. C'est quand on le fait cuire que ça dégage comme une odeur, un peu forte mais pas désagréable au demeurant. Et qui ne dure pas longtemps, contrairement à sa réputation, si on évite de le faire cuire dans de la matière grasse, qui, mêlée aux vapeurs de cuissons, fixerait durablement les odeurs.
Ah et puis un peu de bicarbonate de soude dans l'eau de cuisson ça aide aussi.
Et c'est super bon pour la santé, le chou.
Bref, plein de bonnes raisons dhéberger un chou temporairement dans ta vitrine, comme ça tu pourras le manger ensuite.
Commentaire n°8 posté par La souris blonde le 21/01/2010 à 22h21
j'espere que tu as noté que je te faisais un clin d'oeil de choux, quelque part. En tout cas j'ai pensé à toi en l'ecrivant. Je sais pas si c'est agreable d'etre associée à vie à un choux, par contre...
Réponse de Le libraire en question le 21/01/2010 à 22h55
Je sais pas pourquoi j'imagine une pub avec Gainsbourg buvant un verre de lait....
Trop weird

Ps: A bas le lait!!!!!
Commentaire n°9 posté par Liceal le 22/01/2010 à 00h14
Ernest et Rebecca c'est fabuleux.
J'ai dit. 
Commentaire n°10 posté par Lelf le 22/01/2010 à 11h46
puisqu'il s'agit de sauter du coq à l'âne, un grand merci pour le conseil concernant la servante écarlate, je me suis régalée, je l'ai même lu au boulot - ouhhhh pas bien (à part peut-être quand on est libraire? ;-)
Commentaire n°11 posté par julie le 23/01/2010 à 13h27
ah! chouette, je te compte parmi les gens qui ont bon goût alors, felicitations
Réponse de Le libraire en question le 23/01/2010 à 20h20
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