/

Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /2009 01:30

A y’est, je suis officiellement un vieux con.

Oui, je sais, vous étiez nombreux à vous en être rendu compte avant moi, mais là ça me frappe comme un boomerang qui ne reviendrait pas et qui se planterait dans mon crâne mou.

 

Donc oui, non seulement j’empêche les jeunes hommes pré pubères de faire leur éducation sexuelle via des images très explicites sorties du bac ‘interdit aux moins de 18 ans’ (y’a une recrudescence en ce moment, je soupçonne les abeilles et les papillons d’y être pour beaucoup), mais en plus je ne me suis pas encore enthousiasmé pour une seule Bd sortie cette année. Ah si, Jolies Ténèbres. Mais c’est tout. Ah non y’a eu Alpha aussi. Mais c’était au tout début de l’année, et depuis rien, que dalle, nada, vaches maigres, j’ai rien à conseiller à personne, c’est morne plaine, y’a plus un seul duel sur la place, même les putes s’ennuient (je sais pas si ça se voit, mais je regarde Deadwood en ce moment).

 

Ça me permet de mettre un peu de fonds en avant (notez le jeu de mots subtil), de dire à mes clients que oui, non, j’ai rien à conseiller en ce moment, mais vous avez vu ma super sélection de super Bd américaines qu’il faut avoir lues dans sa vie au moins cinq fois tellement elles sont beaucoup mieux que toutes les Bds sorties chez Horizon combinées depuis la nuit des temps ? C’est toujours joyeux de vendre De mal en pis et David Boring, mais c’est pas comme ça que je vais rendre heureux le fan de Largo Winch. Car même pour lui j’ai rien dans ma hotte, les lutins sont visiblement en train de faire de la luge au lieu de bosser (et ils ont bien raison).

 

Et là je viens de terminer ma pile de Bds de la semaine, et pareil, rien de bien fameux, rien qui fera illusion devant mes clients. Surtout que là je passe pour un vieux gros grincheux grabataire grisâtre, mais je sais faire la part des choses et trouver de bonnes choses partout, quel que soit le style. Mais pas depuis quatre mois. Et quatre mois, c’est long. Surtout que moi je me nourrie de l’enthousiasme des autres, et comme le mien est communicatif, si j’en ai pas, par définition, je peux pas le transmettre, et la réciprocité ne se fait pas, et la roue ne tourne plus, je ne peux plus acheter de voyelles ni choisir le frigo pour 8 000 Francs (je plains la plus jeune génération qui n’a pas connu cette partie magique de La roue de la fortune, quand les candidats choisissaient leurs cadeaux en fonction de leur cagnotte. La production s’est dit qu’au XXIème siècle, une grosse paire de seins c’était plus vendeur et plus bouche trous. Grossière erreur).

 

Donc voilà, pour tous ceux, et ils sont nombreux, qui se plaignent que je passe ici mon temps à raconter ma vie et à digresser alors que ce qui les intéressent vraiment c’est savoir s’il faut ou non acheter le dernier Schtroumpfs, sachez que c’est pas que je ne veuille pas parler des sorties, c’est surtout qu’elles n’en valent pas particulièrement la peine. Et aussi qu’on s’ennuierait (encore plus) ferme si je me la jouais chroniqueur du dimanche.

 

Bon allez, je retourne à mes romans (Les Hauts de Hurlevent, pour être précis).

Par Le libraire en question
Ecrire un commentaire - Voir les 30 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés