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  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 01:00

J’ai besoin de chevaux de bataille. C’est important pour mon (dés)équilibre.

 

J’ai eu une grosse période durant laquelle je pestais contre les fautes d’orthographe dans les bandes dessinées (et romans d’ailleurs, mais proportionnellement, y’en a moins), surtout celles sur les 4eme de couverture (4eme plat, pardon, j’oubliais que je m’adressais aussi parmi vous à des puristes un peu tendus et très tatillons sur la terminologie à respecter). Vous avez quelques éditeurs qui sont champions dans cette catégorie. Je sais pas comment ils s’y prennent, même si j’ai ma petite idée (un indice : comme des manches), mais en tout cas ils déçoivent rarement. Et quand c’est pas sur la 4eme de couv, qu’ils ont visiblement fait relire par un stagiaire de 3eme de passage dans le coin, c’est dans les remerciements. « Merci d’avoir tourner la page » est la dernière en date, reçue la semaine dernière.

 

J’en profite pour me mettre sur la défensive et rappeler que oui, certes, moi aussi j’ai des poutres dans les yeux, moi aussi je fais des fautes, sauf que moi j’écris mes textes sans me relire, par fainéantise, et aussi parce que ce blog n’est pas censé être publié, avec trace écrite pour la postérité. Le jour où un éditeur au flair merveilleux viendra frapper à ma porte virtuelle pour me proposer un pont d’or (ou un pont de bronze, ou de cuivre, je suis pas exigeant) afin de publier mes écrits, là je me pencherai sur la question. Fin de la parenthèse.

 

J’ai déjà écrit toute une note là-dessus, et je vais essayer d’éviter de trop me répéter, sinon ça va se voir que j’ai plus rien à dire et que je me pique des idées à moi-même.

 

Toujours est-il que tout à l’heure je décide de profiter de mon dimanche pour ne surtout rien faire (c’est dieu qui l’a dit, et même si je me suis permis de faire une lessive parce que Dieu a aussi dit qu’il fallait changer de sous-vêtements tous les jours, eh bien j’ai suivi ses conseils, pour une fois), et je me lance avidement dans Cœur de lièvre, d’Updike. Qui est tellement mal traduit que c’en est déroutant. Non seulement le traducteur fait du mot à mot (costume de bain pour ‘bathing suit’, par exemple), mais en plus, comble de l’horreur, il met du subjonctif après ‘après que’. Et il ne s’agit pas d’une œuvre obscure style sous SAS destinée à être lue uniquement pour ne pas rester éveillé. Vous avez les auteurs bien traduits (Roth, Harrison, Fante, Delillo etc.), vous avez ceux pas très bien traduits mais bon, ça passe, on va pas chipoter à cause d’un anglicisme (Ellroy, Carver, Guinzburg (traduire Crackhead par 'tête à crack'...)) et puis vous avez ceux qui font n’importe quoi (une grande partie de la SF des années 60 et les Chandler et autres Thompson).

 

Et c’est pareil en Bd. Panini fait souvent n’importe quoi avec ses traductions de comics. Il y a le cas Watchmen, évidemment, qui bénéficiait avant de la plutôt bonne traduction de Manchette, mais c’est le cas pour presque toutes leurs autres sorties. Il faut croire qu’on ne peut pas à la fois payer quelqu’un pour prendre des photos de tous les joueurs de foot du monde ET payer des traducteurs compétents. Les maîtres ès foutages de gueule étant évidemment Clair de Lune (les fautes sur les 4ème de couv et dans les remerciements, c’est eux) qui, non content d’avoir une ligne éditoriale désastreuses (ils profitent du succès du Donjon de Naheulbeuk pour accepter les projets rejetés par leurs confrères), font aussi dans la traduction approximative. Parfois je me demande s’ils ont pas embauché Babelfish pour faire le boulot, il coûte tellement moins cher (traduire ‘a couple of hours’ par ‘un couple d’heures’, il faut le faire).

 

Voilà, j’ai dénoncé à fond, mon canasson est content, je peux dormir sur mes deux oreilles. Qui risquent à présent de siffler si je fais pas attention à mes traductions dans ces pages…

 

 

Sous le règne de Bone (Banks) suivi de La main gauche de la nuit (Le Guin)

Par Le libraire en question
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