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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Lundi 12 janvier 2009

Uh oh

Il est de retour.

On s’en rend pas compte parce que c’est un début de phrase, mais le I est majuscule. Et c’est peu de le dire.

 

Car il prend beaucoup de place. Mais alors, vraiment.

Physiquement d’une part, à cause de son grand manteau en poil de…heu…ah oui tiens en poil de quoi ? De Yak, je dirais, mais c’est parce que j’aime bien le mot Yak (je me suis par ailleurs rendu compte récemment que j’aimais beaucoup le mot ‘grenouille’, aussi, mais comme y’a pas de poils de grenouilles (enfin je crois), je pouvais pas le caser ici). D’ailleurs, dès qu’il fait un mouvement un peu ample, c'est-à-dire tout le temps, il manque d’emporter avec lui les trois quart des livres sur les présentoirs. Ok, ça me donne une bonne raison des les mettre en retour, mais ça me fait surtout des livres en moins à vendre, ce qui est généralement mauvais pour le commerce, même en ces temps de morosité de Janvier.

 

Psychologiquement d’autre part. Disons qu’il me rend un peu frapadingue, et pourtant je suis le calme incarné, le stoïcisme fait homme, une statue imperturbable faite de confiture d’abricots et d’une touche de cannelle (j’aime bien la cannelle). Il parle fort, interpelle les clients (sympathiquement tout de même, manquerait plus qu’il soit malpoli en plus d’être rustre), occupe l’espace sonore (j’aime le calme, j’aurais dû faire bibliothécaire, sauf que passer des concours m’a toujours paru un peu abstrait et fastidieux. Du coup je suis libraire sans diplôme approprié, le top de la fumisterie).

 

Bref, je préférais quand je ne le voyais qu’une fois par an, et qu’il partait prendre de la place pendant 364 jours à l’autre bout de la planète. Car il me plaît, quelque part, son côté volubile et son côté ‘un de mes meilleurs clients’ (suis pas non plus complètement faux-cul, son côté sympathique étant plus fort que son côté méprisable, meilleur client ou non, je l’accueille avec le sourire et avec un ‘oh non’. Son budget serait moins important, je pense que je réagirais de même. Enfin j’espère. De toute façon, Noël est passé et le Père Noël aussi, j’ai plus besoin d’en faire tout un cas de conscience)

 

Mais sa mission professionnelle est achevée, et visiblement sa mission personnelle est d’être dans ma librairie. A faire une pile de livres en retard.

Bon.

Ok.

Mais je sens que mes Samedis ne seront plus jamais comme avant. Et j’aime pas le changement. C’est mauvais pour mon cœur.

Par Le libraire en question
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