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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /2008 00:29

Je me rends compte à présent qu’avant d’être derrière ce comptoir qui me sied si bien, je n’étais pas du tout en phase avec la jeunesse d’aujourd’hui, cette même jeunesse qui, si tout se passe bien, devrait faire la révolution et me permettre d’avoir la retraite dorée que je mérite (suis un petit peu en retard sur mes cotisations, donc je mise tout là-dessus).

 

Autant dire que je fais dans le cours de rattrapage intensif, depuis. Je vais passer outre les tendances vestimentaires, surtout qu’à vrai dire le lecteur intensif de mangas n’est pas au top de la mode et ne sort pas avec les pom pom girls de l’équipe de football américain, mais en revanche les tics de langage sont bien présents, et tout à fait fascinant pour l’observateur désabusé que je suis.

 

J’ai droit de temps en temps à l’exotique LOL (ça me change d’omg), que je trouve particulièrement étrange vu que bon, suffit de rire, en fait, pour que le même message passe. Et c’est tellement chouette, de rire. Bon d’accord, un rire d’adolescent qui mue n’est pas aussi enchanteur que le rire d’un enfant dans un chanmp de pâquerettes l’été, mais c’est plus expressif qu’un LOL tout court tout moche tout anglo-saxon.

 

Je suis fasciné par le « j’avoue ». Je n’arrive pas à imaginer comment toute une population ne peut se rendre compte du côté incongru de l’expression, placée après tout et n’importe quoi.

« T’as vu, il a un chapeau sur le nez dans le tome 43 de One piece ? »

« J’avoue »

Ou alors c’est le malaise des jeunes qui leur fait croire qu’on les accuse de tout tout le temps, et qu’ils sont coincés.

 

Je vais passer outre le néologisme « stylé ».

« C’est stylé, on voit ses seins si tu plisses bien les yeux, page 36 »

« J’avoue »

 

Par contre, ce qui m’inquiète vraiment, c’est le retour de cet ignoble « quoi » à la fin de chaque phrase, voire chaque bout de phrase. Je l’entends 1 000 fois par jour, je fais tout pour ne pas attraper le tic. Plus qu’à préparer l’éther, au cas où.

Par Le libraire en question
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