Où avez-vous atterri?

Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux.

Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça.

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 00:51

Tout le monde a retrouvé le chemin de l’école, de la récré (cruelle), foulé des pieds la classe avec ses baskets toutes neuves, senti l’odeur de craies qui crissent sur le tableau, cherché des yeux des camarades connus et bu un bon gros bol d’ovomaltine ce matin (je sais pas comment vous faites). Et comme moi de mon côté j’ai reçu une bonne partie de ce qui constitue notre ‘rentrée littéraire à nous’, nous pouvons déjà faire un premier bilan : les bons points, les mauvais points, ceux qui vont avoir du mal à passer en année supérieure, ceux qui vont s’en prendre plein la tronche parce qu’ils sont brillants (‘t’es mal dessiné, d’abord’) et ceux qui n’ont rien à faire dans ma classe (je pense notamment à Moundir, chez Carabas).

 

Ce qui est bien avec le monde de l’édition en général et celui de la Bd en particulier, c’est que tout comme le duo Beigbeder/Nothomb, on est sûr de retrouver toujours les mêmes têtes sur nos gondoles, il ne faudrait surtout pas que le public s’imagine un seul instant qu’il existe autre chose sur cette planète. Et encore, avant Noël on aura un nouvel Asterix (enfin des histoires courtes plutôt), un XIII, un Lanfeust Odyssey, un Lanfeust Cixi (y’a pas à dire, le pôle marketing de Soleil fonctionne à fond. Ils viennent même de sortir une collection ‘pour les filles’ avec des thèmes Japonisants à la mode et un côté gothique encore plus à la mode, mais avec un nom qui l’est super pas : Blackberry (je me retiens de faire une blague en disant que tout le monde ne jure plus que par l’Iphone, mais une partie de mon cerveau me prévient que ce serait très mauvais, et je lui fais confiance ce coup ci)) et un Blake et Mortimer.

 

Pour l’instant, les deux événements de la rentrée sont la sortie d’un nouveau Pratt (eh oui, un vrai inédit) et le nouveau Bourgeon, la suite des Passagers du vent. Ils mangent moins de fruits pourris qu’Amelie Nothomb, mais l’impact est le même (tirage à 200 000 pour le Nothomb et 250 000 pour Les passagers du vent).

 

L’événement de cet été fut de se rendre compte que chez Dupuis on nous prend toujours pour des gogos prêts à sauter à pieds joints liés dans n’importe quel reconditionnement marketing douteux. Car oui, ils ont osé sortir des fourreaux Largo Winch (c’est pas comme s’ils l’avaient pas fait l’année dernière) avec tome 1 + tome 2 gratuit (cf parenthèse précédente) mais, et c’est la le coup de génie et le timing de folie, avec une affiche taille réelle du film offerte dans le second fourreau. Non vraiment c’est épatant, vraiment épatant, comme qui dirait.

 

Mais bon, nous ne sommes pas réunis ici pour toujours nous plaindre (enfin moi si, un peu, un blog ça sert à ça, vous allez pas y échapper). Voyons plutôt du côté des coups de cœur. Qui sont au nombre de quatre. Accrochez-vous, je vais donner mon avis et après nous pourrons tous passer à autre chose, arrêter de parler Bd et nous concentrer un peu sur l’aventure humaine de la librairie, ses joies, ses peines, ses merdes étalées (je parle littéralement, ce n’est pas une image).

 

Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune (Rabaté/Futuropolis) : pas forcément son meilleur (j’ai préféré Les petits ruisseaux), mais encore et toujours cette façon d’écrire des dialogues justes et de donner le sourire après 80 pages. Moi ça me va.

 

Une histoire populaire des Etats-Unis (Zinn, Konopacki, Buhle/Vertige Graphic) : adaptation du livre du même nom d’Howard Zinn, ultra best seller depuis 30 ans aux Etats-Unis et qui, comme son nom l’indique, reprend l’histoire de ce pays, mais de points de vues qu’on ne trouve pas généralement dans les livres scolaires, avec notamment l’accent mis sur les divers mouvements sociaux.

 

Pachyderme (Peeters/Gallimard) : l’auteur des Pillules Bleues et de Lupus fait dans le bizarre, avec des références assez évidentes au cinéma de type Lynchien, on va dire, à défaut de mieux. Ca part un peu trop dans tous les sens, mais c’est tout de même un album à part qui mérite le coup d’œil.

 

Immergés (Juncker/Treize Etrange) : pour l’instant l’album que j’ai préféré sur les quelques centaines sortis. Une plongée (sans mauvais jeux de mots) dans l’univers des sous marins Allemands en 1939, avec comme toujours avec Juncker une adéquation parfaite entre le graphisme, la narration et l’écriture.

 

Voilà, désolé d’avoir parlé Bd, généralement j’évite, mais aujourd’hui il s’est rien passé de terrible, ils étaient tous en train d’acheter leurs fournitures scolaires et de s’envoyer des sms pour savoir qui ils ont comme prof principal et si y’a des filles trop bonnes dans leur classe.

 

 

Le lezard lubrique de Melancoly Cove (Moore) : bon c’est une lecture plaisante, c’est un thème amusant, mais c’est du vite lu vite oublié.

Par Le libraire en question
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /2009 00:37

Je ne sais pas si c’est le changement de mois ou une hypothétique pleine lune (ça fait longtemps que je ne regarde plus l’éphéméride à la télé et que je réprime mes envies de hurler à la mort, du coup je suis plus en phase), mais en tout cas ce qui est sûr c’est qu’ils étaient tous super pénibles aujourd’hui.

 

Pas un pour rattraper l’autre.

De toute façon, quand la journée commence par un client qui vient étaler une crotte de chien fraîche fourrée à la crotte de chien bien fraîche partout dans la boutique, je sais qu’elle sera placée sous le signe de la serpillière, et ça c’est jamais bon, surtout en début de semaine.

 

Je ne les avais pas vus depuis des semaines, et là ce fut le défilé, et ils ont emmené tout un cortège de questions téléphonées à défaut d’une section de pom pom girls. Les rentrées se suivent et se ressemblent et la question principale était évidemment de savoir quand sort le nouveau Naruto (Vendredi dernier, nunuche, il est juste devant toi sous tes yeux). Ah pour lire les scans sur internet, y’a du monde, mais pour chercher les dates de sorties, là on sait plus se servir d’un clavier.

 

En fait, je me dis qu’ils testaient mon autorité. Déjà, ils m’ont lancé des regards inquiets quand ils ont aperçu mon apprentie, comme s’ils s’imaginaient soit que je les avais tous remplacés dans mon cœur (je les échangerais contre un Magnum chocolat sans sourciller, cela dit), soit qu’elle allait me remplacer et qu’ils me perdraient à jamais. Je leur ai ouvert mes bras, je les ai rassurés, et pour me remercier ils ont foutu un bordel pas possible, juste pour voir si c’est vraiment la rentrée, si y’a pas encore un peu de vacances qui restent quelque part, si y’aurait pas un grain de sable sous le comptoir ou un peu d’herbe fraîchement coupée (non, juste une odeur de crotte nettoyée, on s’y tromperait).

 

Mais c’est normal, après tout : ils ont passé un été permissif pendant lequel ils avaient le droit de traîner sur le terrain de sport communal, crapoter derrière le foyer rural (‘c’est clair, les Marlboro ça a juste trop pas le même goût que les Camel Light’), jouer à action ou vérité, rouler dans le foin et des pelles à sa cousine ou encore faire de la mob’ (on fait encore de la mob’ en 2009 ?). Du coup c’était la belle vie sans frontières, sans barrières, allez, c’est la fête, rentrez après minuit, roulez vous dans le foin, racontez-vous vos conquêtes (‘non mais tu la connais pas, c’était en colo’), prenez l’apéro avec les parents (‘tu mets que ça comme Ricard dans mon verre ?’) et levez-vous à pas d’heure (‘non je me lèverai pas à 7h pour aller chercher des escargots, vous pouvez pas me forcer d’abord, j’ai mué !’).

 

Mais les vacances sont terminées, et de toute évidence ils comptent sur moi pour les remettre sur le droit chemin de la fermeté et des agendas Pika. Je les ai canalisés, demandé s’ils ont passé de bonnes vacances, répondu que heu oui, ils m’ont manqué oui et expliqué que non, moi je n’ai pas eu deux mois de vacances et que non, je n’ai pas de cousines à leur présenter.

 

Par contre j’ai une apprentie.

Approchez, je vais vous la présenter.

Mais essuyez vos chaussures d’abord.

 

 

Bien alors j’ai lu Extrêmement fort et incroyablement près (Foer), qui est effectivement un très beau texte, très drôle, recommandé à tous ceux qui aiment Irving entre autres.

J’ai aussi terminé Le Pingouin (Kourkov), qui change radicalement et qui est excellent lui aussi. Youpi.

Par Le libraire en question
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 23:26

J’y crois, moi, à cette relation.

Déjà une semaine que nous travaillons ensemble, et on peut dire que ça se passe plutôt bien. De toute façon, je vois pas bien comment qui que ce soit ne pourrait pas bien s’entendre avec moi et désirer me servir nuit et jour comme dans Le diable s’habille en Prada, mais sans le côté haute couture, j’ai pas forcément besoin qu’elle s’habille super bien et m’apporte de la soupe de poisson quand j’ai la grippe. L’important, en fait, c’est qu’elle fasse diversion.

 

Ah, oui, car c’est une fille. Enfin une femme. Une gonzesse quoi. Je me suis dit que ça exacerberait les jalousies de mes clientes aspirantes qui du coup feraient encore plus de dépenses pour me conquérir (les naïves), et que ça accentuerait la fidélité de mes clients aspirants à voir une fille de près un jour dans leur vie si possible petit Jesus soit gentil, juste une paire de lolos, je sortirai la poubelle tous les soirs, promis (ça c’est eux qui parlent hein, pas moi, moi j’en ai déjà vu plein dans ma vie. D’ailleurs je dois avouer que j’aime bien. Il paraît qu’il y a deux sortes d’hommes : les hommes à fesses, et les hommes à seins. Ok les fesses c’est joli, c’est sympa, c’est rebondi et confortable, mais on se sent un peu con quand on s’en sert comme oreiller. Bref.)

 

Et, accessoirement, c’était aussi la plus motivée et celle qui paraissait la plus à même de former avec moi le meilleur duo arrangé depuis les Village People (nous sommes plus forts à deux que eux tous réunis, c’est dire). Je lui laisserai même porter le costume de l’indien si elle le souhaite, je fais tout pour la mettre à l’aise.

 

En tout cas, elle est super forte pour déballer les cartons, ça m’arrange. Pour l’instant c’est moi qui les porte, mais ça va pas durer, j’ai promis à ses parents et à l a société que je ferai d’elle un homme, et je tiendrai ma promesse, nom d’une pipe (oui ok, le choix de l’expression est hasardeux)

 

Pour l’instant, elle arrive à l’heure, boit du café (raison principale pour laquelle elle a été embauchée d’ailleurs, c’est comme de boire de l’alcool seul, c’est triste) et fait tout pour rattraper son retard faramineux en connaissances Bd. Je lui ai fait des listes exprès, par genre, pour qu’elle ait au moins les titres en tête, il faut bien commencer quelque part. Elle a passé sa vie (à dire merci) à ne lire que des mangas, donc de ce côté elle semble au point, même si elle n’a pas encore tout à fait super bon goût, mais c’est là que j’interviens.

 

J’ai le monde à mes pieds, je peux bien y ajouter une apprentie de vingt balais (oui ok, le choix de l’expression est hasardeux).

 

 

 

Alors donc désormais vous allez pouvoir voir quelles listes m’ont inspiré pour l’instant. Le paradoxe étant évidemment que j’ai passé tellement de temps à toutes les regarder que ça m’a empêché de lire, mais c’est pour la bonne cause.

Aujourd’hui j’ai terminé La horde du Contrevent (Damasio) et c’est vrai que c’est tip top bien. J’enchaîne sur un titre beaucoup plus court : L’angoisse du gardien de but au moment du penalty, ça me changera un peu.

Par Le libraire en question
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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 22:39

Pendant tout l’été, donc, des wagons entiers d’aspirant-libraires ont défilé devant moi, parfois sans s’arrêter (j’adore qu’on me pose un lapin, surtout quand je bloque mon heure de déjeuner exprès et que la personne ne prévient pas), parfois en s’égarant totalement et parfois avec la fureur de vaincre et la peur de foirer.

 

Moi l’INFL je voyais ça un peu comme l’école dans Harry Potter, avec des maîtres rigolo-bizarres qui vous apprennent à être libraires alors qu’en fait vous avez déjà tout en vous. Ceci dit, la perte de temps est un bon entraînement au métier de libraire, donc pourquoi pas. Les élèves y sont quelques jours par mois, y apprennent des ISBN par cœur (en Bd c’est facile, ils commencent tous par 978-2) en vu d’un examen que tout le monde réussit, jouent à Qui-est-ce en fin d’année et présentent leur mémoire ou projet à leur employeur qui les regarde bizarrement en leur demandant s’ils auraient pas plutôt des cartons à vider ou remplir plutôt que de lui faire perdre son temps avec de la paperasse et leurs études.

 

Mais moi je m’impliquerai. A fond. Je ferai de mon apprenti le meilleur libraire du monde, je serai son M Miyagi, je lui enseignerai le coup de la grue sur une montagne de cartons vides, rien ne nous résistera, le monde de la Bd sera à nous, les enseignants de l’INFL seront époustouflés et des parades seront organisées. Ou alors je serai son Willy Wonka, et dans ce cas on passera juste notre temps à manger du chocolat, ce qui est très bien aussi, mais salissant.

 

C’était plutôt intéressant de faire passer tous ces entretiens. Vous avez les stressés, les trop confiants, les trop habillés, les pas assez, les ponctuels, les égarés, les bisounours et les tueurs de loutres. Et tout ce beau monde rêve de devenir libraire. Et n’a pas peur de travailler dans une librairie spécialisée Bd.

 

Ma première question était toujours :

- Bon, pourquoi l’Infl ?’

Je laisse la personne répondre, et je la coupe au bout de deux phrases en disant, froid et stoïque :

- Je suis le libraire qui se cache pour mourir’

 

Si on me répond ‘Qui ça ?’, je mets évidemment fin à l’entretien, après tout j’ai cru comprendre que j’étais lu dans les travées de l’INFL, et toute personne qui ne fait pas tout pour avoir une longueur d’avance sur ses camarades n’est de toute évidence pas prête pour mon enseignement, avancé lui aussi.

 

Si la personne se met à pleurer (de peur et non de joie), j’en déduis qu’elle a peur que je sois très malade et qu’elle s’est un peu attachée, et dans ce cas je lui donne sa chance.

Si elle dit ‘C’est juste trop pas possible, quand je vais dire ça à ma mère !’, elle dégage aussi, je supporte pas qu’on utilise ‘juste’ à tout bout de champ, je suis très à cheval sur la grammaire, comme vous avez pu le constater.

 

Après ce premier écrémage sans failles, il me restait trois candidats parmi lesquels choisir. Trois candidats prêts à peindre ma clôture et laver ma voiture avant de ranger leur premier livre. Trois choix cornéliens (bon ok, pas tant que ça, car à vrai dire j’ai très bien vécu la situation, j’ai suivi mon instinct et la petite voix qui se tapit au fin fond de ma bile, qui est généralement celle de Patrick Bruel d’ailleurs, c’est très troublant, et là il m’a dit qu’il valait mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets, une fois de plus (il radote)). Pour les regrets, verdict dans quelques semaines.

Par Le libraire en question
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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 22:02

Bon, l’opération ‘Dix livres pour sauver la liste vide du Libraire se cache’ est un succès. J’en suis très heureux.

 

Je n’ai pas encore eu le temps de compiler toutes les listes (je sais pas si vous avez remarqué, mais y’en a un paquet, et aucune n’est ridicule), mais après en avoir épluché une cinquantaine, j’arrive à une pré-liste de 54 titres. Je les ai tous recherchés, vérifié qu’ils étaient disponibles et en poche (oui, je paie mes livres. Moins cher que le public, mais quand même. Quoique je pourrais les commander, les lire et les retourner, mais ce serait pas très gentil pour le livre en question, et je tiens à notre relation fusionnelle). Sur ces 54 titres, donc, j’en ai retenu 34 sur ma liste finale, et acheté 14 dès hier.

 

Et sachez que derrière ces chiffres se cache un homme heureux et impatient. Mais avant ça, j’ai des Bds avec des monstres et des lutins à lire, ma vie n’est pas facile tous les jours.

 

J’espère que vous prenez des notes de votre côté, nous allons relancer l’industrie du livre (et les librairies) à nous tout seuls, les grandes surfaces s’avoueront vaincues, il y aura des chauves-souris violettes dans les arbres et je danserai la polka sur un air de salsa. J’ai hâte.

Par Le libraire en question
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 15:25

Mes amis, l’heure est grave. Non seulement le mois d’août s’achève, emportant avec lui les sujets spéciaux du JT de 13h sur TF1 sur les meilleurs bretzels de bord de plage, mais en plus ma liste de livres à lire baisse dangereusement. Je dois avoir une pile en retard d’à peu près 80 romans, ce qui n’est pas du tout suffisant, et j’arrive à un stade où je ne sais pas trop quoi y ajouter. Et comme je suis toujours à l’affût de découvertes, j’en appelle à votre générosité et votre ego.

 

Alors voilà, le but du jeu c’est de nommer vos 10 romans préférés de tous les temps de la vie de la terre. Ça peut être méga obscur ou méga classique, peu importe, je suis ouvert à toute proposition (sauf le Seigneur des anneaux, j’ai jamais réussi à le lire, et épargnez moi les blagues de type Coehlo, Dan Brown ou Werber, même si, et c’est mon côté super tolérant, vous avez parfaitement le droit d’aimer hein).

 

J’ai conscience que nos lectures sont plus où moins marquantes en fonction de la période de notre vie pendant laquelle elles sont ingurgitées, mais voici mon top 5 à moi, ce que je garde de 25 années de déchiffrage. Et je compte sur les vôtres pour faire évoluer le mien dans dix ans :

 

Le chameau sauvage (Jaenada)

L’irremplaçable expérience de l’explosion de la tête (Guinzburg)

Le dahlia noir (Ellroy)

La recherche du temps perdu (Proust)

Tout Bukowski (oui, je triche, mais j’ai droit, c’est ma liste)

 

C’est pas la liste la plus cool du monde (il n’y a ni Flaubert, ni Borges ni Faulkner), mais c’était pas le but. Le but c’est de partager, de s’aimer sur des nuages gorgés d’absence de pluie et d’être frustrés de n’avoir que 5 cases à remplir.

 

A votre bon coeur

 

 

ps: oui donc au début j'ai dit 5, mais c'est pas assez, il me faut le plus d'idées possibles, donc va pour 10, soyons fous

Par Le libraire en question
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 22:18

A y’est. C’est la rentrée.

Enfin pas tout à fait (restez sur votre mètre carré de plage, tout va bien), mais comme j’étais déjà prêt et que je voulais étrenner mes nouveaux crayons de couleur (ceux qu’on est obligés d’acheter au collège pour les cours de géographie et dont on se sert jamais), j’ai décidé de revenir plus tôt. Il faut croire que ma classe me manquait.

Alors pour bien préparer la rentrée, j’ai pris soin pendant toutes les vacances de ne surtout pas approcher une Bd hors des horaires d’ouverture de la boutique. De toute façon, il n’y avait pas de nouveautés à ingurgiter à part le Trolls de Troy, et il est des choses plus difficiles dans la vie que de se forcer à éviter de lire ça (l’autre soir je me suis dit que non, pas de glace à la pistache, c’est pas raisonnable, tu seras jamais prêt pour l’été prochain à ce rythme là, alors t’arrêtes, t’as qu’à manger des haricot surgelés si t’as trop chaud et que t’as faim. Eh bien j’ai quand même mangé la glace. Je n’ai aucune volonté loin des trolls et des dragons). Mine de rien, ça fait un bien fou. Je ne vous le recommande pas car vous n’êtes pas des pros et qu’il faut bien que je gagne ma vie sur votre dos, mais cette pause fut remarquablement accueillie par mon cerveau malade qui est à présent paré pour la rentrée littéraire. Qu’on m’amène les palettes du nouveau Bourgeon et du nouveau Zep (et du nouveau Marc Antoine Mathieu, youpi, même si ça m’étonnerait que le tirage soit le même) !

Bon cela dit j’ai un peu mal joué en fin de saison passée (oui, je suis une série à moi tout seul), vu que je n’ai pas préparé de cliffhanger. Résultat, vous n’êtes pas accrochés à votre siège en vous demandant comment je vais me dépêtrer de cette situation (j’aurais dû écrire que je me suis retrouvé au milieu d’un braquage et vous laisser suspendus à mes mots alors même que les méchants me demanderaient où sont mes tirages de tête d’Atalante (‘heu vous voulez pas un peu d’argent avec ça ?’) et qu’ils me menaceraient avec un tuyau d’arrosage). Non, vous êtes bien accrochés au siège, mais c’est plutôt dû à la chaleur et vous vous demandez plutôt ce que je fais dans vos flux RSS (j’adore employer des mots que je ne connais pas, je me sens plus intelligent, plus en phase avec la modernité galopante).


Les rentrées se ressemblent toutes comme des élèves alignés vus de dos avec leurs sacs Eastpack, sauf cette année. Car cette année j’ai décidé de prendre un apprenti. Ou une, je ne sais pas encore (enfin si, vous pensez bien que là je fais durer le suspense, que la personne a déjà été choisie, je vais pas attendre fin Août avant de faire passer des entretiens, c’est le meilleur moyen de ne pas avoir un seul candidat, ce qui n’est jamais pratique pour faire un choix). J’ai donc passé une annonce sur le site de l’INFL stipulant que je cherchais un(e) apprenti(e) pour la vie pendant deux ans et qui jurerais de me servir et me chérir dans le cadre du contrat que nous passerions ensemble et dans le cadre d’une relation qui serait à n’en point douter aussi fructueuse que celle de Batman et Robin (bon ok, pas aussi fructueuse non plus), Zorro et  Bernardo ou encore Superman et son chien Krypto. Gonzesses bienvenues aussi, n’hésitez pas à postuler, vous allez voir, c’est super.

J’aurais pu organiser un concours géant, du type ‘mon incroyable apprenti’, où j’aurais fait croire que ce dernier allait travailler dans une librairie et au final il se retrouve dans une librairie spécialisée Bd, affublé d’un type qui se balade avec une loutre sur l’épaule et passe ses journées à prendre des notes pour un projet dont il veut pas lui parler pendant que lui se tape tous les cartons et se fait réprimander à la moindre erreur de caisse. J’aurais présenté les candidats ici même, et c’est vous qui auriez voté pour votre préféré.

Tout en sachant évidemment que comme toujours dans ces cas là, vos votes ne serviraient pas à grand-chose et que tout serait truqué. Faut pas non plus déconner, c’est pas vous qui allez passer vos journées avec.

Allez, que la sélection commence. J’espère que ça sait faire le café, un apprenti (ou une, mais j’ai peur que ça sonne sexiste dans ce sens là, alors que si c’est que masculin, ça sonne que comme de l’exploitation).

Donc depuis la dernière fois :


Delirium Tremens (Bruen) : très bon, rigolo irlando glauque avec personnage auto destructeur

Le bruit et la fureur (Faulkner) : je sais pas comment j’ai pu passer à côté pendant toutes ces années. J’ai super rien compris au début, mais en s’accrochant et se renseignant, ça va mieux.

Le Livre des crânes (Silverberg) : encore une bonne idée de Silverberg

Que vont devenir les grenouilles (Lorrie Moore) : c’est rafraîchissant, comme toujours

Au cœur des ténèbres (Conrad) : j’ai préféré Apocalypse Now

Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay (Chabon) : un peu longuet (850 pages quand même et ces saloperies de dos 10/18 qui se cassent), mais excellent moment de lecture quand même, avec tout plein de références comics de l’âge d’or et d’argent qui me parlent.

 

Par Le libraire en question
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /2009 21:35

C’est l’été, c’est le mois d’aout, et plus précisément la semaine la plus lente de l’année, perdue au milieu de Hollandais en tongs et à vélo (le camping par chez moi les attire par dizaines, c’est pour de vrai, c’est même pas de la xénophobie déplacée, je n’ai rien contre les Hollandais, mon chien est Hollandais). Par conséquent, je viens vous tenir un peu compagnie. Pas pour raconter une histoire, non, pour ça il faut encore patienter un peu et attendre qu’on se rapproche de la rentrée et de Noël. Mais plutôt pour vous faire partager ma liste de lecture de ces dernières semaines. Au mieux ça vous donnera des idées de lectures, au moins mieux ça vous changera les idées et au pire ça vous confortera dans votre idée que je suis pas mal égocentriquo-prétentio-nombriliste, quand même et que vous en avez rien à cirer de ce que je lis le soir entre mes draps frais. L’ordre choisi est un ordre purement chronologique, il ne faut pas y voir de signes médiocres façon Shyamalan. Et puis pour une fois, je rajoute un commentaire très succinct parce que bon, on va pas y passer la nuit, ce qui va donner lieu à de supers débats autour de l’axe ‘quoi t’as aimé mais t’as des goûts de chiotte !’. J’ai hâte.

 

Donc comme je disais avant de vous abandonner, j’ai lu l’intégrale de l’Ombre du bourreau (Wolfe). C’était chouette et bien écrit (oui, je fais de vraies fiches de lecture avec des arguments réfléchis).

 

Martiens, go Home ! (Brown). Rigolo

 

Little Bird (Craig Johnson). Dès que je l’ai lu, j’ai eu qu’une envie: le conseiller à tout le monde. Excellent polar, très bien écrit, avec une enquête qui est certes divertissante et bien menée, mais l’intérêt réside surtout dans le rapport entre les personnages et les dialogues. Foncez dessus, c’est chouette.

 

A la poursuite des Slans (Van Vogt) : pas ce que je préfère en SF, mais je peux comprendre en quoi c’est un classique

 

Je suis une légende (Matheson) : à lire rien que pour se rendre compte que la fin Hollywoodienne choisie est toute nulle par rapport à celle du livre.

 

1275 âmes (Thompson) : ben c’est Jim Thompson. ‘nuff said’

 

Les Solariens (Spinrad): tout plein de bonnes idées. SF qui me plait (oui, je suis pas toujours inspiré)

 

Eureka Street (McLiam Wilson) : excellent, dans la veine d’un Jonathan Coe, mais en bien écrit. J’ai quelques réserves sur une ou deux parties qui me semblent un poil trop mélo et téléphonée, mais sinon rien à redire.

 

Titus Errant (Peake) : suite et fin de la superbe trilogie Gormenghast.

 

Un lieu incertain (Vargas) : oui, parfaitement, je lis Vargas. Généralement j’aime bien un livre sur deux, celui là se situe entre les deux. Dénouement prévisible, mais c’est pas mal de retrouver une série dans laquelle on a ses repères.

 

Le cycle du A (Van vogt) : cf les Slans

 

Pimp (Iceberg Slim) : pour les amateurs de romans noirs, l’autobiographie un peu fictive mais pas tant que ça d’un mac dans les années 60s du côté de Chicago.

 

Les plus qu’humains (Sturgeon)

 

Le livre de Cendres (Gentle) : bon alors ça fait quand même 2 500 pages en tout, et certes ça se lit vite, certes j’ai tenu pendant tout ce temps, certes c’était assez prenant bien qu’un peu répétitif (et toute la partie uchronie avec les échanges par mail était pas loin d’être insupportable), mais surtout je suis arrivé à la fin, et je suis pas sûr d’avoir tout bien compris. Vais me pencher sur la question.

 

De beaux lendemains (Banks) : le livre est bon, le film est encore meilleur. Du coup, sans la surprise de la fin, ça manque un peu de saveur, mais c’est toujours aussi bien écrit (et traduit)

 

La danse de l’ours (Crumley) : ouais je sais pas, j’en ai peut-être trop lu dans ce genre là, mais ça m’a un peu ennuyé.

 

Slumberland (Beatty) : tout plein de références hip hop et culturelles que je connais bien, du coup ça m’a amusé

 

The Dice Man (Rhinehart) : roman culte et hilarant, qui vient d’ailleurs d’être réédité chez l’olivier, alors foncez dessus (le titre en français c’est ‘ l’homme dé’).

 

Beloved (Morisson) : pas tout à fait la même ambiance que le Rhinehart, mais en tout cas je comprends pourquoi on en a fait tout un foin à l’époque (sans avoir adoré pour autant)

 

Et là j’ai commencé le second tome d’Hyperion (Simmons).

 

Voilà, vous savez tout. Ça aurait été encore plus joli avec les couvertures de chaque titre, mais c’est les vacances, faut pas non plus trop m’en demander. Et pour ceux qui sont dans le coin, venez me voir Samedi 15 Août. La journée risque d’être très longue, j’aurai besoin de compagnie, j’ai du jus de pomme au frigo.

 

ps: ah oui, et j'ai lu aussi le prochain Tom Robbins, qui sort à la rentrée, et j'étais tout foufou à l'idée de sauter dessus. Et paf. J'ai déchanté. C'est pas qu'il est mauvais, loin s'en faut, c'est même super bien, sauf que je fais un vrai blocage sur l'écriture à la seconde personne du singulier. J'y arrive pas. C'est plus fort que moi, ça rend la lecture insupportable.

Par Le libraire en question
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 00:18

Chose absolument incroyable, même pendant ma pause bloguesque le monde continue de tourner et le temps de passer et la vie de suivre son cours. La plupart de mes clients ont eu leur bac (félicitations, tu veux le dernier D Gray Man du coup ? ‘ah heu non je l’ai pris à la Japan Expo, désolé’), tandis que d’autres n’ont su passer cette étape fatidique :

‘alors, tu l’as eu cette année ?’ demandé-je à une cliente qui le passait pour la deuxième fois

‘pfff non’

‘ah, t’as combien de points de retard ?’

‘Je sais pas, je suis pas admise au rattrapage’

‘ah’

‘ouais’

‘tu veux le dernier D Gray Man du coup ?’

 

Certains clients partent en vacance (‘allez, salut’), d’autres partent tout court (‘allez, sniff’), et certains reviennent (‘salut, vous vous souvenez de moi, ça fait 2 ans que je suis parti ?’ Moi je réponds que oui, car je sens bien que c’est la réponse attendue, mais à vrai dire j’ai beau creuser ma mémoire de pachyderme, rien ne vient. On n’a pas idée de changer à l’adolescence).

 

Et surtout, mine de rien, à y’est, c’est officiel, ça fait pile un an que j’ai lancé ce blog. Woopty doo. Si je l’avais sous la main, je mettrais bien un ptit smiley genre bonhomme vert qui secoue un petit drapeau pour commémorer cette date improbable. Il faudrait trouver un bon slogan à mettre sur le drapeau, ça se vendrait comme des petits pains, et nous serions des centaines de lecteurs de par le monde à secouer en rythme, ce serait grand, ce serait beau, ce serait ridicule, mais je fais avec les moyens du bord, j’ai pas pu louer le Staples center, je m’y suis pas pris au bon moment.

 

Donc on ressort les bougies magiques, on ressort les granolas, on prend chacun une loutre par la main (pour l’emmener vers demain, pour lui donner la confiance en son pas) et à trois on crie JOYEUX ANNIVERSAIRE parce que vous l’avez tous bien mérité

 

1…

2…

3…

JOYEUX ANNIVERSAIRE !! (parce que vous l’avez tous bien mérité)

 

Ah, que c’est beau un monde virtuel festif.

 

Pour tout dire, j’avais sérieusement songé à arrêter avant même de souffler la bougie. J’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question, de me répéter, et puis j’ai plein d’idées de fins grandioses arracheuses de larmes (façon Six feet under ou Quantum Leap (oui bon ok, mais quand même)). Mais je me suis repris, rendu compte que j’avais encore un bon nombre de n’importe quoi sous le pied, que je vais pas m’arrêter comme ça, pas tant que j’aurai pas eu un article dans Cosmo et que je ne pouvais décemment pas laisser mes lecteurs au bord de la route en plein été sans même un bol d’eau gazeuse (je m’y suis mis y’a pas très longtemps, à l’eau gazeuse, et je dois reconnaître que c’est une invention merveilleuse, et pas que pour la rime. Je pense que j’avais peur de me transformer en Allemand et de me mettre à la charcuterie au petit déjeuner, mais finalement je suis heureux de mon choix. Sauf que, note pour plus tard, le Perrier Citron vert c’est bon, tandis que le Perrier Citron tout court ça a le goût (dégueulasse) d’efferalgan. Vous voyez bien qu’il m’en reste des choses passionnantes à raconter).

 

Bon allez, rendez-vous autour de ma table pour partager un gâteau au yaourt et smarties géant, ça va être super, et évitons de trop regarder en arrière, les premiers articles étaient vraiment pas terribles. Vivement les prochains.

 

Mais avant toute chose, vacaaaaaaaaaaaaances ! Que je vous souhaite bien bonnes. Nous nous reverrons vers le 20 Août, on parlera des truites qu’on aura pêchées.



 

 

Par Le libraire en question
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 18:48

Bon, les enfants, c’est pas tout ça, mais le mois de Juin touche à sa fin, il est temps de faire ses bagages, ranger ses mangas et mettre des Bds sous la table de jardin pour bien la caler.

 

Comme annoncé plus tôt lors de cette mémorable fête d’anniversaire incroyablement réussie (merci à tous, ça n’aurait pas été pareil sans vous), je fais une petite pause loin de tout loin de rien, pour vous revenir encore plus beau et encore plus bronzé.

 

L’été, tout tourne au ralenti, y compris mon cerveau, mais je prendrai des notes, je vous tiendrai au courant si je croise le chemin d’une nympho Suédoise qui cherche le parc Asterix et n’a plus qu’une chaussette suite à un pari perdu.

 

De toute façon, ces adieux déchirants ne sont qu’une façade, je serai de retour brièvement le 9 Juillet pour qu’on fête tous ensemble les un an du blog. Oh ce sera à la bonne franquette, je n’ai pas non plus les moyens d’une Miss Gally (coucou), mais cette fois-ci c’est moi qui apporte le Banga.

 

Un très bon été à vous tous, soyez sages et essayez de ne pas trop m’oublier, je suis un petit être fragile et délicat, j’ai besoin qu’on me frotte avec de la mousse senteur vanille de temps en temps.

 

Hop.


(ah, et sinon j'entame l'intégrale de L'ombre du Bourreau, de Wolfe, mais je pense pas que ça me durera tout l'été. Je vous ferai ma liste complète de lectures à la rentrée. De rien.)

Par Le libraire en question
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