Tout le monde a retrouvé le chemin de l’école, de la récré (cruelle), foulé des pieds la classe avec ses baskets toutes neuves, senti l’odeur de craies qui crissent sur le tableau, cherché des yeux des camarades connus et bu un bon gros bol d’ovomaltine ce matin (je sais pas comment vous faites). Et comme moi de mon côté j’ai reçu une bonne partie de ce qui constitue notre ‘rentrée littéraire à nous’, nous pouvons déjà faire un premier bilan : les bons points, les mauvais points, ceux qui vont avoir du mal à passer en année supérieure, ceux qui vont s’en prendre plein la tronche parce qu’ils sont brillants (‘t’es mal dessiné, d’abord’) et ceux qui n’ont rien à faire dans ma classe (je pense notamment à Moundir, chez Carabas).
Ce qui est bien avec le monde de l’édition en général et celui de la Bd en particulier, c’est que tout comme le duo Beigbeder/Nothomb, on est sûr de retrouver toujours les mêmes têtes sur nos gondoles, il ne faudrait surtout pas que le public s’imagine un seul instant qu’il existe autre chose sur cette planète. Et encore, avant Noël on aura un nouvel Asterix (enfin des histoires courtes plutôt), un XIII, un Lanfeust Odyssey, un Lanfeust Cixi (y’a pas à dire, le pôle marketing de Soleil fonctionne à fond. Ils viennent même de sortir une collection ‘pour les filles’ avec des thèmes Japonisants à la mode et un côté gothique encore plus à la mode, mais avec un nom qui l’est super pas : Blackberry (je me retiens de faire une blague en disant que tout le monde ne jure plus que par l’Iphone, mais une partie de mon cerveau me prévient que ce serait très mauvais, et je lui fais confiance ce coup ci)) et un Blake et Mortimer.
Pour l’instant, les deux événements de la rentrée sont la sortie d’un nouveau Pratt (eh oui, un vrai inédit) et le nouveau Bourgeon, la suite des Passagers du vent. Ils mangent moins de fruits pourris qu’Amelie Nothomb, mais l’impact est le même (tirage à 200 000 pour le Nothomb et 250 000 pour Les passagers du vent).
L’événement de cet été fut de se rendre compte que chez Dupuis on nous prend toujours pour des gogos prêts à sauter à pieds joints liés dans n’importe quel reconditionnement marketing douteux. Car oui, ils ont osé sortir des fourreaux Largo Winch (c’est pas comme s’ils l’avaient pas fait l’année dernière) avec tome 1 + tome 2 gratuit (cf parenthèse précédente) mais, et c’est la le coup de génie et le timing de folie, avec une affiche taille réelle du film offerte dans le second fourreau. Non vraiment c’est épatant, vraiment épatant, comme qui dirait.
Mais bon, nous ne sommes pas réunis ici pour toujours nous plaindre (enfin moi si, un peu, un blog ça sert à ça, vous allez pas y échapper). Voyons plutôt du côté des coups de cœur. Qui sont au nombre de quatre. Accrochez-vous, je vais donner mon avis et après nous pourrons tous passer à autre chose, arrêter de parler Bd et nous concentrer un peu sur l’aventure humaine de la librairie, ses joies, ses peines, ses merdes étalées (je parle littéralement, ce n’est pas une image).
Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune (Rabaté/Futuropolis) : pas forcément son meilleur (j’ai préféré Les petits ruisseaux), mais encore et toujours cette façon d’écrire des dialogues justes et de donner le sourire après 80 pages. Moi ça me va.
Une histoire populaire des Etats-Unis (Zinn, Konopacki, Buhle/Vertige Graphic) : adaptation du livre du même nom d’Howard Zinn, ultra best seller depuis 30 ans aux Etats-Unis et qui, comme son nom l’indique, reprend l’histoire de ce pays, mais de points de vues qu’on ne trouve pas généralement dans les livres scolaires, avec notamment l’accent mis sur les divers mouvements sociaux.
Pachyderme (Peeters/Gallimard) : l’auteur des Pillules Bleues et de Lupus fait dans le bizarre, avec des références assez évidentes au cinéma de type Lynchien, on va dire, à défaut de mieux. Ca part un peu trop dans tous les sens, mais c’est tout de même un album à part qui mérite le coup d’œil.
Immergés (Juncker/Treize Etrange) : pour l’instant l’album que j’ai préféré sur les quelques centaines sortis. Une plongée (sans mauvais jeux de mots) dans l’univers des sous marins Allemands en 1939, avec comme toujours avec Juncker une adéquation parfaite entre le graphisme, la narration et l’écriture.
Voilà, désolé d’avoir parlé Bd, généralement j’évite, mais aujourd’hui il s’est rien passé de terrible, ils étaient tous en train d’acheter leurs fournitures scolaires et de s’envoyer des sms pour savoir qui ils ont comme prof principal et si y’a des filles trop bonnes dans leur classe.
Le lezard lubrique de Melancoly Cove (Moore) : bon c’est une lecture plaisante, c’est un thème amusant, mais c’est du vite lu vite oublié.

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